Versions interactives à solutions cachées — leurs boutons « Voir la solution » ne fonctionnent que dans Adobe Acrobat Reader (calques PDF non pris en charge par les navigateurs et le lecteur ci-dessus). Le lecteur affiche donc les versions classiques.
📥 Cours — version à solutions cachées (Acrobat)Télécharger
📥 Série — version à solutions cachées (Acrobat)Télécharger
Cours
Plan du chapitre. I. Intégrale sur un segment — II. Ordre et valeur moyenne — III. Techniques de calcul (primitives, intégration par parties, fractions rationnelles, linéarisation) — IV. Aires et volumes — Résumé.
I. Intégrale d’une fonction continue sur un segment
1. Définition
Définition 1 — intégrale
Soit f une fonction continue sur un intervalle I, F une primitive de f sur I, et a, b deux éléments de I. Le réel F(b)−F(a) ne dépend pas de la primitive choisie : on l’appelle intégrale de f de a à b et on note
∫abf(x)dx=[F(x)]ab=F(b)−F(a).
Remarque
La variable x est « muette » : ∫abf(x)dx=∫abf(t)dt.
∫aaf(x)dx=0 et ∫baf(x)dx=−∫abf(x)dx.
La fonction x↦∫axf(t)dt est la primitive de f sur I qui s’annule en a.
Calculer I=∫01x2+12xdx, J=∫12x(lnx)2dx et K=∫01xe−x2dx.
Voir la solution
I=[ln(x2+1)]01=ln2 (forme uu′ avec u>0).
J=[3(lnx)3]12=3(ln2)3 (forme u′u2 avec u=lnx).
K=[−21e−x2]01=21(1−e1) (forme −21u′eu avec u=−x2).
II. Propriétés : ordre et valeur moyenne
1. Relation de Chasles et linéarité
Propriété 1
Soit f et g deux fonctions continues sur un intervalle I, a, b, c des éléments de I et α un réel.
Chasles : ∫acf(x)dx=∫abf(x)dx+∫bcf(x)dx.
Linéarité : ∫ab(f(x)+g(x))dx=∫abf(x)dx+∫abg(x)dx et ∫abαf(x)dx=α∫abf(x)dx.
Application 2 — valeur absolue
Calculer ∫03∣x−1∣dx.
Voir la solution
∣x−1∣=1−x sur [0;1] et ∣x−1∣=x−1 sur [1;3]. Par la relation de Chasles :
∫03∣x−1∣dx=∫01(1−x)dx+∫13(x−1)dx=[x−2x2]01+[2x2−x]13=21+2=25.
2. Positivité et comparaison
Propriété 2
Soit f et g continues sur [a;b] avec a≤b.
Si f≥0 sur [a;b], alors ∫abf(x)dx≥0.
Si f≤g sur [a;b], alors ∫abf(x)dx≤∫abg(x)dx.
Si m≤f(x)≤M sur [a;b], alors m(b−a)≤∫abf(x)dx≤M(b−a).
Attention
Ces propriétés exigent a≤b : si a>b, les inégalités entre intégrales sont inversées.
Application 3 — encadrement
Montrer que 31≤∫011+x2x2dx+61≤21, c’est-à-dire 61≤∫011+x2x2dx≤31.
Voir la solution
Pour x∈[0;1] : 1≤1+x2≤2, donc 2x2≤1+x2x2≤x2. Par comparaison (0≤1) : ∫012x2dx≤∫011+x2x2dx≤∫01x2dx, soit 61≤∫011+x2x2dx≤31.
3. Valeur moyenne
Définition 2
Soit f continue sur [a;b] avec a<b. Le réel μ=b−a1∫abf(x)dx est la valeur moyenne de f sur [a;b]. Il existe au moins un réel c∈[a;b] tel que f(c)=μ.
Exemple 2
La valeur moyenne de x↦sinx sur [0;π] est π1∫0πsinxdx=π1[−cosx]0π=π2.
III. Techniques de calcul d’intégrales
1. Intégration par parties
Théorème 1
Soit u et v deux fonctions dérivables sur un intervalle I, de dérivées u′ et v′ continues sur I, et a,b∈I. Alors
∫abu(x)v′(x)dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x)dx.
Remarque — démonstration
(uv)′=u′v+uv′ est continue, donc ∫ab(u′v+uv′)=[uv]ab, puis on utilise la linéarité.
Méthode — choisir u et v′
On choisit pour u la fonction qui se « simplifie » en dérivant (un polynôme, lnx) et pour v′ une fonction dont on connaît une primitive (ex, cosx, sinx, xn).
Application 4
Calculer I=∫01xexdx et J=∫1exlnxdx.
Voir la solution
I : u(x)=x, v′(x)=ex, donc u′(x)=1, v(x)=ex. I=[xex]01−∫01exdx=e−(e−1)=1.
J : u(x)=lnx, v′(x)=x, donc u′(x)=x1, v(x)=2x2. J=[2x2lnx]1e−∫1e2xdx=2e2−[4x2]1e=2e2−4e2−1=4e2+1.
Puis u=x, v′=sinx : ∫0πxsinxdx=[−xcosx]0π+∫0πcosxdx=π+0=π. Donc K=−2π.
2. Décomposition de fractions rationnelles
Méthode — fractions rationnelles
Pour calculer ∫abQ(x)P(x)dx lorsque P et Q sont des polynômes, on décompose la fraction en somme de fractions plus simples (de la forme (x−α)kA ou (x2+px+q)kAx+B), puis on intègre terme à terme à l’aide des primitives usuelles.
Application 6 — fraction rationnelle
Soit f définie par f(x)=(x+1)22x+5. Déterminer les réels a et b tels que, pour tout x=−1, f(x)=x+1a+(x+1)2b, puis calculer ∫01f(x)dx.
Voir la solution
x+1a+(x+1)2b=(x+1)2a(x+1)+b=(x+1)2ax+a+b. Par identification avec 2x+5 : a=2 et a+b=5, donc b=3. Ainsi f(x)=x+12+(x+1)23.
Sur [0;1], x+1>0 : une primitive est 2ln(x+1)−x+13. Donc
∫01f(x)dx=(2ln2−23)−(0−3)=2ln2+23.
3. Linéarisation trigonométrique
Méthode — linéarisation
Pour intégrer une puissance de sin ou cos, on la linéarise : on l’écrit comme combinaison linéaire de sinus ou cosinus d’angles multiples, à l’aide des formules d’addition (ou de Moivre). On intègre ensuite terme à terme.
Application 7 — linéarisation
Montrer que, pour tout x∈R, cos3x=41(3cosx+cos(3x)).
En déduire ∫02πcos3xdx.
Voir la solution
1.cos(3x)=cos(2x+x)=cos(2x)cosx−sin(2x)sinx=(2cos2x−1)cosx−2sinxcosxsinx=2cos3x−cosx−2cosx(1−cos2x)=4cos3x−3cosx. Donc cos3x=41(3cosx+cos(3x)).
Le plan est rapporté à un repère orthogonal (O;,) ; l’unité d’aire (u.a.) est l’aire du rectangle construit sur ∥∥ et ∥∥. Soit f et g continues sur [a;b] (a<b).
L’aire du domaine limité par (Cf), l’axe des abscisses et les droites d’équations x=a et x=b est A=∫ab∣f(x)∣dx u.a.
L’aire du domaine limité par (Cf), (Cg) et les droites d’équations x=a et x=b est A=∫ab∣f(x)−g(x)∣dx u.a.
Application 8 — aire
Le plan est rapporté à un repère orthonormé d’unité 2 cm. On considère la fonction f définie sur R par f(x)=x2−2x. Calculer, en cm², l’aire du domaine limité par (Cf), l’axe des abscisses et les droites d’équations x=0 et x=3.
Voir la solution
f(x)=x(x−2) est négatif sur [0;2] et positif sur [2;3]. Donc
A=∫02(2x−x2)dx+∫23(x2−2x)dx=[x2−3x3]02+[3x3−x2]23=34+34=38 u.a.
Une unité d’aire vaut 2×2=4 cm², donc A=332 cm² ≈10,67 cm².
2. Volumes
Propriété 4 — solide de révolution
L’espace est rapporté à un repère orthonormé ; l’unité de volume (u.v.) est le volume du cube construit sur les vecteurs unitaires. Soit f continue sur [a;b] (a<b). Le volume du solide engendré par la rotation de la courbe (Cf) (pour x∈[a;b]) autour de l’axe des abscisses est
V=∫abπ(f(x))2dx u.v.
Application 9 — volume
Calculer le volume du solide engendré par la rotation autour de l’axe des abscisses de la courbe de f:x↦xex sur [0;1].
Voir la solution
V=π∫01xe2xdx. Par parties (u=x, v′=e2x, v=21e2x) :
∫01xe2xdx=[2xe2x]01−21∫01e2xdx=2e2−4e2−1=4e2+1. Donc V=4π(e2+1) u.v.
Résumé
À retenir
Notion
À retenir
Définition
∫abf(x)dx=F(b)−F(a), F primitive de f
Propriétés
Chasles ; linéarité ; si a≤b : f≥0⇒∫abf≥0 et f≤g⇒∫abf≤∫abg
Valeur moyenne
μ=b−a1∫abf(x)dx
Par parties
∫abuv′=[uv]ab−∫abu′v
Fractions
décomposer QP en fractions simples, puis intégrer
Linéarisation
écrire sinn, cosn comme somme de sin/cos d’angles multiples
Aire
∫ab∣f(x)∣dx u.a. ; entre deux courbes ∫ab∣f−g∣ u.a.
Volume
π∫abf(x)2dx u.v.
Série d’exercices
Exercice 1 — Calcul d’intégrales à l’aide de primitives Facile★★☆☆☆
Calculer les intégrales suivantes (chaque fonction intégrée est continue sur l’intervalle d’intégration) :
Dans chaque cas, on indique le choix de u et v′, puis u′ et v ; les fonctions u et v sont dérivables à dérivées continues sur l’intervalle d’intégration.
I4 : on écrit x31ex1=x1×x21ex1 ; u=x1, v′=x21ex1 ; u′=−x21, v=−ex1.
I4=[−x1ex1]12−∫12x21ex1dx=(−2e+e)−(e−e)=2e (on a réutilisé I14 de l’exercice 1).
I13 : deux intégrations par parties. Avec u=sinx, v′=ex : I13=[exsinx]02π−∫02πexcosxdx=e2π−B.
Avec u=cosx, v′=ex : B=[excosx]02π+∫02πexsinxdx=−1+I13.
Donc I13=e2π+1−I13, soit I13=2e2π+1.
I14 : on écrit x3x2+4=x2×xx2+4 ; u=x2, v′=xx2+4 ; u′=2x, v=31(x2+4)23 (en effet v′=31×23×2x(x2+4)21).
I14=[3x2(x2+4)23]05−31∫052x(x2+4)23dx=35×27−31[52(x2+4)25]05=45−152(243−32)=45−15422=15253.
On considère les intégrales I=∫03πcos2xdx et J=∫03πcos4xdx.
Calculer I.
Soit f la fonction définie sur [0;3π] par f(x)=cos3xsinx.
a. Montrer que, pour tout x∈[0;3π], f′(x)=cos4x3−cos2x2.
b. En déduire une relation entre I et J.
c. En déduire la valeur de J.
Voir la solution
1.I=[tanx]03π=3.
2. a.f(x)=sinx×(cosx)−3, donc pour tout x∈[0;3π] :
f′(x)=cosx(cosx)−3+sinx×3sinx(cosx)−4=cos2x1+cos4x3sin2x=cos2x1+cos4x3(1−cos2x)=cos4x3−cos2x2.
2. b.f′ est continue sur [0;3π], donc ∫03πf′(x)dx=f(3π)−f(0). Par linéarité : 3J−2I=8123−0=43.
2. c.3J=43+2I=43+23=63, donc J=23.
Exercice 4 — Trois intégrales liées Difficile★★★★☆
On considère les intégrales
I=∫01x2+3dx;J=∫01x2+3x2dxetK=∫01x2+3dx.
Soit f la fonction définie sur [0;1] par f(x)=ln(x+x2+3).
a. Montrer que, pour tout x∈[0;1], f′(x)=x2+31.
b. En déduire la valeur de I.
a. Vérifier que J+3I=K.
b. À l’aide d’une intégration par parties, montrer que K=2−J.
c. En déduire les valeurs de J et de K.
Voir la solution
1. a. Pour x∈[0;1], u(x)=x+x2+3>0 et u′(x)=1+x2+3x=x2+3x2+3+x. Donc f′(x)=u(x)u′(x)=x2+31.
1. b.f est une primitive de x↦x2+31 sur [0;1] : I=f(1)−f(0)=ln3−ln3=21ln3.
2. a. Par linéarité : J+3I=∫01x2+3x2+3dx=∫01x2+3dx=K.
2. c. De J+3I=2−J on tire J=22−3I=1−43ln3, puis K=2−J=1+43ln3.
Exercice 5 — Encadrement d’une intégrale Moyen★★★☆☆
Soit f la fonction définie sur ]−1;+∞[ par f(x)=1+xe2x.
Étudier les variations de f sur ]−1;+∞[.
En déduire que, pour tout x∈[0;1], 1≤f(x)≤2e2.
a. Vérifier que, pour tout x∈R∖{−1}, 1−x+1+xx2=1+x1.
b. En déduire que ∫01(1−x)e2xdx+∫01x2f(x)dx=∫011+xe2xdx.
Calculer ∫01(1−x)e2xdx.
Montrer que 31≤∫01x2f(x)dx≤6e2.
Voir la solution
1.f est dérivable sur ]−1;+∞[ et f′(x)=(1+x)22e2x(1+x)−e2x=(1+x)2(2x+1)e2x, du signe de 2x+1.
f est donc strictement décroissante sur ]−1;−21] et strictement croissante sur [−21;+∞[, avec un minimum f(−21)=21e−1=e2.
Limites : x→−1+limf(x)=+∞ (numérateur →e−2>0, dénominateur →0+) ; en +∞, f(x)=2xe2x×1+x2x→+∞.
x
−1
−21
+∞
f′(x)
−
0
+
f
+∞
↘
e2
↗
+∞
2.[0;1]⊂[−21;+∞[ où f est croissante : pour x∈[0;1], f(0)≤f(x)≤f(1), soit 1≤f(x)≤2e2.
3. a. Pour x=−1 : 1−x+1+xx2=1+x(1−x)(1+x)+x2=1+x1−x2+x2=1+x1.
3. b. En multipliant par e2x : pour x∈[0;1], (1−x)e2x+x21+xe2x=1+xe2x, c’est-à-dire (1−x)e2x+x2f(x)=1+xe2x. On intègre sur [0;1] et on utilise la linéarité.
5. Pour x∈[0;1], x2≥0 ; en multipliant l’encadrement de la question 2 : x2≤x2f(x)≤2e2x2. Comme 0≤1, on intègre : ∫01x2dx≤∫01x2f(x)dx≤2e2∫01x2dx, soit 31≤∫01x2f(x)dx≤6e2.
Exercice 6 — Aire et limite Facile★★☆☆☆
Soit f la fonction définie sur R par f(x)=(2x+3)e−x, et (Cf) sa courbe dans un repère orthonormé (O;,) d’unité 2 cm.
Soit λ un réel strictement positif. Déterminer, en cm2, l’aire S(λ) du domaine plan limité par (Cf), l’axe des abscisses et les droites d’équations x=0 et x=λ.
Déterminer λ→+∞limS(λ).
Voir la solution
1. Pour x∈[0;λ], 2x+3>0 et e−x>0, donc f(x)>0. L’unité d’aire vaut 2×2=4 cm2, donc S(λ)=4∫0λ(2x+3)e−xdx.
Par parties : u=2x+3, v′=e−x ; u′=2, v=−e−x :
∫0λ(2x+3)e−xdx=[−(2x+3)e−x]0λ+2∫0λe−xdx=−(2λ+3)e−λ+3+2(1−e−λ)=5−(2λ+5)e−λ.
Donc S(λ)=20−4(2λ+5)e−λcm2.
2.λ→+∞limλe−λ=0 et λ→+∞lime−λ=0, donc λ→+∞limS(λ)=20 cm2.
Exercice 7 — Aire entre une courbe et son asymptote Difficile★★★★☆
Soit f la fonction définie sur ]0;+∞[ par f(x)=x+1+x2−lnx, et (Cf) sa courbe dans un repère orthonormé (O;,) (unité : 1 cm).
a. Montrer que la droite (D) d’équation y=x+1 est une asymptote à (Cf) au voisinage de +∞.
b. Étudier la position relative de (Cf) et (D) sur ]0;+∞[.
Soit λ un réel tel que λ≥e2. Déterminer l’aire S(λ), en cm2, du domaine plan limité par (Cf), la droite (D) et les droites d’équations x=e2 et x=λ.
Voir la solution
1. a.f(x)−(x+1)=x2−lnx=x2−xlnx. Or xlnx=x2lnx→0 quand x→+∞ (on pose X=x→+∞ et XlnX→0). Donc x→+∞lim(f(x)−(x+1))=0 : (D) est asymptote à (Cf) au voisinage de +∞.
1. b.x>0, donc f(x)−(x+1) a le signe de 2−lnx : positif si x<e2, nul si x=e2, négatif si x>e2.
(Cf) est au-dessus de (D) sur ]0;e2[, en dessous sur ]e2;+∞[, et elles se coupent au point (e2;e2+1).
2. Sur [e2;λ], (D) est au-dessus de (Cf) et l’unité d’aire est 1 cm2 : S(λ)=∫e2λxlnx−2dx.
Par parties pour ∫xlnx : u=lnx, v′=x1 ; u′=x1, v=2x, d’où la primitive 2xlnx−∫x2=2xlnx−4x. Une primitive de xlnx−2 est donc 2xlnx−8x, et
S(λ)=(2λlnλ−8λ)−(4e−8e)=2λ(lnλ−4)+4ecm2.
(Contrôle : S(e2)=2e(2−4)+4e=0.)
Exercice 8 — Décomposition d’une fraction rationnelle Facile★★☆☆☆
Soit f la fonction définie par f(x)=(x+1)33x−1.
Déterminer l’ensemble de définition Df de f.
Déterminer les réels a et b tels que, pour tout x∈Df, f(x)=(x+1)2a+(x+1)3b.
Calculer ∫02f(x)dx.
Voir la solution
1.f(x) existe si et seulement si x+1=0 : Df=R∖{−1}.
2.(x+1)2a+(x+1)3b=(x+1)3a(x+1)+b=(x+1)3ax+a+b. Par identification avec 3x−1 : a=3 et a+b=−1, d’où a=3, b=−4 :
f(x)=(x+1)23−(x+1)34.
3.[0;2]⊂]−1;+∞[, où f est continue. Une primitive est −x+13+(x+1)22 (car −4(x+1)−3 a pour primitive −4×−2(x+1)−2). Donc
∫02f(x)dx=(−1+92)−(−3+2)=92.
Exercice 9 — Intégrale dépendant d’un paramètre Moyen★★★☆☆
Soit a un réel tel que a≥1. On pose I(a)=∫1ax3lnxdx.
À l’aide d’une intégration par parties, montrer que I(a)=41−4a22lna+1.
En déduire a→+∞limI(a).
On pose J(a)=∫1ax3+1lnxdx. Justifier l’existence de J(a) et montrer que J(a)≥0.
Vérifier que, pour tout x∈[1;+∞[, x3≤x3+1≤2x3, puis montrer que 21I(a)≤J(a)≤I(a).
2.a2lna=alna×a1→0 et a21→0, donc a→+∞limI(a)=41.
3. La fonction x↦x3+1lnx est continue sur [1;a] (x>0 et x3+1>0), donc J(a) existe. Sur [1;a], lnx≥0 et x3+1>0, donc la fonction intégrée est positive ; comme 1≤a, J(a)≥0.
4. Pour x≥1 : x3≥1, donc 0<x3≤x3+1≤x3+x3=2x3. La fonction inverse étant décroissante sur ]0;+∞[ : 2x31≤x3+11≤x31. On multiplie par lnx≥0 : 2x3lnx≤x3+1lnx≤x3lnx, puis on intègre de 1 à a (1≤a) : 21I(a)≤J(a)≤I(a).
Exercice 10 — Décomposition, parties et linéarisation Difficile★★★★☆
a. Vérifier que, pour tout x∈R, (ex+2)21=41(1−ex+2ex−(ex+2)22ex).
b. En déduire la valeur de J=∫0ln2(ex+2)2dx.
À l’aide d’une intégration par parties, calculer l’intégrale K=∫0ln2(ex+2)3xexdx.
a. Montrer que, pour tout x∈R, sin3x=41(3sinx−sin(3x)).
b. Calculer l’intégrale L=∫02πsin3xdx.
Voir la solution
1. a. Posons t=ex>0. 1−t+2t=t+22, puis t+22−(t+2)22t=(t+2)22(t+2)−2t=(t+2)24. En multipliant par 41 on obtient (t+2)21 : l’égalité est vraie pour tout x∈R.
1. b. Avec u=ex+2 (u′=ex) : ex+2ex=uu′ a pour primitive ln(ex+2), et (ex+2)22ex=u22u′ a pour primitive −ex+22. Donc
J=41[x−ln(ex+2)+ex+22]0ln2=41[(ln2−ln4+21)−(−ln3+32)]=41(ln23−61)=41ln23−241.
2.u=x, v′=(ex+2)3ex ; u′=1, v=−2(ex+2)21 (forme u′u−3). Donc
K=[−2(ex+2)2x]0ln2+21∫0ln2(ex+2)2dx=−32ln2+21J=−32ln2+81ln23−481.
3. a.sin(3x)=sin(2x+x)=sin(2x)cosx+cos(2x)sinx=2sinxcos2x+(1−2sin2x)sinx=2sinx(1−sin2x)+sinx−2sin3x=3sinx−4sin3x. Donc sin3x=41(3sinx−sin(3x)).
2. Avec u=cosx (u′=−sinx) : sinxcos2x=−u′u2↦−3cos3x et sinxcos4x=−u′u4↦−5cos5x. Donc
I=[−3cos3x+5cos5x]03π=(−241+1601)−(−31+51)=−48017+48064=48047.
Exercice 13 — Logarithme et intégration par parties Moyen★★★☆☆
Vérifier que, pour tout x∈[0;1], x+1x3+2x=x2−x+3−x+13.
À l’aide d’une intégration par parties, calculer l’intégrale I=∫01(3x2+2)ln(x+1)dx.
Voir la solution
1.(x+1)(x2−x+3)−3=x3−x2+3x+x2−x+3−3=x3+2x. On divise par x+1>0 : pour tout x∈[0;1], x+1x3+2x=x2−x+3−x+13.
3.f(x)−(x+2)=−(x2+2)ex<0 : (Cf) est en dessous de (D). Le repère étant orthonormé, ∥∥=∥∥=2 cm et l’unité d’aire vaut 4 cm2 :
A=4∫−20((x+2)−f(x))dx=4×4(1−e23)=16(1−e23) cm2≈9,50 cm2.
Exercice 16 — Suite définie par une intégrale Difficile★★★★☆
On pose I0=∫1ex2dx et, pour tout n∈N∗, In=∫1ex2(lnx)ndx.
Calculer I0 et I1.
a. Établir que, pour tout n∈N∗, 3In+1=e3−(n+1)In.
b. Calculer alors I2.
Montrer que la suite (In)n≥1 est décroissante.
a. En remarquant que x2(lnx)n=x3×x(lnx)n, montrer que, pour tout x∈[1;e] et tout n∈N∗ : x(lnx)n≤x2(lnx)n≤e3x(lnx)n.
b. En déduire que, pour tout n∈N∗, n+11≤In≤n+1e3, puis déterminer n→+∞limIn.
2. a. Soit n∈N∗. u=(lnx)n+1, v′=x2 ; u′=(n+1)x(lnx)n, v=3x3 :
In+1=[3x3(lnx)n+1]1e−3n+1∫1ex2(lnx)ndx=3e3−3n+1In, d’où 3In+1=e3−(n+1)In.
2. b. Pour n=1 : 3I2=e3−2I1=e3−94e3+2=95e3−2, donc I2=275e3−2.
3. Pour x∈[1;e] : 0≤lnx≤1, donc (lnx)n+1=(lnx)n×lnx≤(lnx)n. En multipliant par x2≥0 et en intégrant (1≤e) : In+1≤In. La suite (In)n≥1 est décroissante.
4. a. Pour x∈[1;e] : 1≤x3≤e3 et x(lnx)n≥0, donc x(lnx)n≤x3x(lnx)n≤e3x(lnx)n, c’est-à-dire x(lnx)n≤x2(lnx)n≤e3x(lnx)n.
4. b.x(lnx)n=u′un avec u=lnx : ∫1ex(lnx)ndx=[n+1(lnx)n+1]1e=n+11. En intégrant l’encadrement (1≤e) : n+11≤In≤n+1e3.
Comme n→+∞limn+11=n→+∞limn+1e3=0, le théorème des gendarmes donne n→+∞limIn=0.