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Examen national du baccalauréat — Session de rattrapage 2008
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (toutes options) et Sciences et Technologies
Code RS 22 — Durée : 3 h — Coefficient : 7
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée.
Domaine
Barème
Exercice 1
Nombres complexes
3 points
Exercice 2
Géométrie dans l’espace
3 points
Exercice 3
Calcul des probabilités
3 points
Exercice 4
Suites numériques
3 points
Problème
Étude de fonctions
8 points
Exercice 1 — Nombres complexes (3 points)
1.(1 pt) Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes C l’équation :
z2−8z+17=0
Voir la solution
Δ=(−8)2−4×17=64−68=−4=(2i)2<0. L’équation admet deux solutions complexes conjuguées :
z1=28−2i=4−ietz2=28+2i=4+i.
Donc S={4−i;4+i}.
2. On considère, dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,e1,e2), les points A et B d’affixes respectives a=4+i et b=8+3i.
Soit z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe du point M′ image de M par la rotation R de centre Ω d’affixe ω=1+2i et d’angle 23π.
2.a.(0.75 pt) Montrer que z′=−iz−1+3i.
Voir la solution
L’écriture complexe de la rotation de centre Ω(ω) et d’angle θ est z′−ω=eiθ(z−ω).
Ici ei23π=cos23π+isin23π=−i, donc :
z′=−i(z−(1+2i))+1+2i=−iz+i+2i2+1+2i=−iz+i−2+1+2i.
D’où z′=−iz−1+3i.
2.b.(0.5 pt) Vérifier que l’affixe du point C image du point A par la rotation R est c=−i.
Voir la solution
c=−ia−1+3i=−i(4+i)−1+3i=−4i−i2−1+3i=−4i+1−1+3i=−i.
Donc c=−i.
2.c.(0.75 pt) Montrer que : b−c=2(a−c), puis en déduire que les points A, B et C sont alignés.
Voir la solution
b−c=8+3i+i=8+4i et a−c=4+i+i=4+2i, donc 2(a−c)=8+4i=b−c.
Ainsi a−cb−c=2∈R, c’est-à-dire CB=2CA : les vecteurs CB et CA sont colinéaires. Donc les points A, B et C sont alignés.
Exercice 2 — Géométrie dans l’espace (3 points)
On considère, dans l’espace rapporté à un repère orthonormé (O,i,j,k), le plan (P) d’équation : x+2y+z−1=0 et la sphère (S) d’équation :
x2+y2+z2−4x−6y+2z+5=0
1.(0.75 pt) Montrer que le centre de la sphère (S) est le point I(2,3,−1) et son rayon est 3.
Voir la solution
x2−4x=(x−2)2−4, y2−6y=(y−3)2−9, z2+2z=(z+1)2−1. L’équation devient :
(x−2)2+(y−3)2+(z+1)2−4−9−1+5=0⟺(x−2)2+(y−3)2+(z+1)2=9=32.
Donc (S) est la sphère de centre I(2,3,−1) et de rayon R=3.
2.a.(0.5 pt) Montrer que la distance du point I au plan (P) est 6.
Voir la solution
d(I,(P))=12+22+12∣2+2×3+(−1)−1∣=66=6.
2.b.(0.75 pt) En déduire que le plan (P) coupe la sphère (S) suivant un cercle (Γ) de rayon 3.
Voir la solution
On a d(I,(P))=6<3=R (car 6<9). Donc le plan (P) coupe la sphère (S) suivant un cercle (Γ) dont le rayon r vérifie (Pythagore) :
r=R2−d2=9−6=3.
3.a.(0.5 pt) Déterminer une représentation paramétrique de la droite (D) passant par I et orthogonale à (P).
Voir la solution
Le vecteur n(1,2,1) est normal à (P), donc c’est un vecteur directeur de (D). Comme I(2,3,−1)∈(D) :
(D):⎩⎨⎧x=2+ty=3+2tz=−1+t(t∈R).
3.b.(0.5 pt) Montrer que le centre du cercle (Γ) est le point H(1,1,−2).
Voir la solution
Le centre de (Γ) est le projeté orthogonal de I sur (P), c’est-à-dire le point d’intersection de (D) et (P).
On remplace dans l’équation de (P) : (2+t)+2(3+2t)+(−1+t)−1=0⟺6t+6=0⟺t=−1.
Pour t=−1 : x=1, y=1, z=−2. Donc le centre de (Γ) est H(1,1,−2).
Exercice 3 — Calcul des probabilités (3 points)
Une boîte contient quatre boules blanches et trois boules rouges (les boules sont indiscernables au toucher). On tire au hasard successivement et sans remise trois boules de la boîte.
1.(1 pt) Quelle est la probabilité de tirer trois boules blanches ?
Voir la solution
Un tirage est un arrangement de 3 boules parmi 7 : cardΩ=A73=7×6×5=210.
Soit B l’événement « tirer trois boules blanches » : cardB=A43=4×3×2=24.
p(B)=21024=354.
2.(1 pt) Montrer que la probabilité de tirer trois boules de même couleur est 71.
Voir la solution
Soit M l’événement « trois boules de même couleur » : trois blanches ou trois rouges (événements incompatibles).
Trois rouges : A33=3×2×1=6 cas. Donc cardM=24+6=30 et
p(M)=21030=71.
3.(1 pt) Quelle est la probabilité de tirer au moins une boule blanche ?
Voir la solution
L’événement contraire de « au moins une boule blanche » est « aucune boule blanche », c’est-à-dire « trois boules rouges », de probabilité 2106=351.
p(au moins une blanche)=1−351=3534.
Exercice 4 — Suites numériques (3 points)
Soit (un) la suite numérique définie par : u0=2 et un+1=2un+35un pour tout n∈N.
1.(1 pt) Montrer que : un>1 pour tout n de N.
Voir la solution
Par récurrence.
Pour n=0 : u0=2>1.
Soit n∈N ; supposons un>1. Alors 2un+3>0 et
un+1−1=2un+35un−2un−3=2un+33(un−1).
Comme un−1>0 et 2un+3>0, on obtient un+1−1>0, soit un+1>1.
D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un>1.
2. On pose : vn=unun−1 pour tout n de N.
2.a.(1 pt) Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison 53 puis exprimer vn en fonction de n.
Voir la solution
vn est bien défini car un>1>0. On a un+1−1=2un+33(un−1) (question 1), donc
vn+1=un+1un+1−1=2un+33(un−1)×5un2un+3=53⋅unun−1=53vn.
Donc (vn) est géométrique de raison q=53 et de premier terme v0=22−1=21.
vn=21(53)npour tout n∈N.
2.b.(1 pt) Montrer que : un=2−(53)n2 pour tout n∈N puis calculer la limite de la suite (un).
Voir la solution
vn=1−un1, donc un1=1−vn et un=1−vn1 (avec vn=1 puisque vn⩽21).
un=1−21(53)n1=2−(53)n2.
Comme −1<53<1, n→+∞lim(53)n=0, donc n→+∞limun=2−02=1.
Exercice 5 — Problème (8 points)
I. On considère la fonction numérique g définie sur R par : g(x)=e2x−2x.
1.(1 pt) Calculer g′(x) pour tout x∈R puis montrer que g est croissante sur [0,+∞[ et décroissante sur ]−∞,0].
Voir la solution
g est dérivable sur R et g′(x)=2e2x−2=2(e2x−1).
Si x⩾0 : 2x⩾0, donc e2x⩾1 et g′(x)⩾0 : g est croissante sur [0,+∞[.
Si x⩽0 : e2x⩽1 et g′(x)⩽0 : g est décroissante sur ]−∞,0].
2.(0.75 pt) En déduire que g(x)>0 pour tout x de R (remarquer que g(0)=1).
Voir la solution
D’après la question 1, g admet un minimum en 0 sur R, égal à g(0)=e0−0=1.
Donc pour tout x∈R : g(x)⩾1>0.
II. On considère la fonction numérique f définie sur R par : f(x)=ln(e2x−2x).
Soit (C) la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthonormé (O,i,j).
1.a.(0.5 pt) Montrer que : x→−∞limf(x)=+∞.
Voir la solution
f est bien définie sur R car g(x)>0. On a x→−∞lime2x=0 et x→−∞lim(−2x)=+∞, donc x→−∞limg(x)=+∞.
Comme t→+∞limlnt=+∞, on obtient x→−∞limf(x)=+∞.
1.b.(0.25 pt) Vérifier que : xf(x)=(xe2x−2)e2x−2xln(e2x−2x) pour tout x de R∗.
Voir la solution
Pour x=0 : (xe2x−2)=xe2x−2x, donc
(xe2x−2)e2x−2xln(e2x−2x)=xe2x−2x⋅e2x−2xln(e2x−2x)=xln(e2x−2x)=xf(x).
1.c.(0.5 pt) Montrer que x→−∞limxf(x)=0 (on rappelle : t→+∞limtlnt=0).
Voir la solution
x→−∞limxe2x=0 (numérateur →0, dénominateur →−∞), donc x→−∞lim(xe2x−2)=−2.
On pose t=e2x−2x : quand x→−∞, t→+∞, donc x→−∞lime2x−2xln(e2x−2x)=t→+∞limtlnt=0.
D’après 1.b : x→−∞limxf(x)=(−2)×0=0.
1.d.(0.25 pt) En déduire que la courbe (C) admet, au voisinage de −∞, une branche parabolique dont on précisera la direction.
Voir la solution
On a x→−∞limf(x)=+∞ et x→−∞limxf(x)=0.
Donc (C) admet, au voisinage de −∞, une branche parabolique de direction l’axe des abscisses.
2.a.(0.75 pt) Pour tout x de [0,+∞[, vérifier que : 1−e2x2x>0 et que 2x+ln(1−e2x2x)=f(x).
Voir la solution
Pour x⩾0 : 1−e2x2x=e2xe2x−2x=e2xg(x)>0 car g(x)>0 et e2x>0.
Ensuite :
2x+ln(1−e2x2x)=ln(e2x)+ln(e2xe2x−2x)=ln(e2x×e2xe2x−2x)=ln(e2x−2x)=f(x).
2.b.(0.5 pt) En déduire que x→+∞limf(x)=+∞ (on rappelle : u→+∞limueu=+∞).
Voir la solution
On pose u=2x : e2x2x=ueu1→0 quand x→+∞. Donc x→+∞limln(1−e2x2x)=ln1=0.
Comme x→+∞lim2x=+∞, on obtient d’après 2.a : x→+∞limf(x)=+∞.
2.c.(0.5 pt) Montrer que la droite (D) d’équation y=2x est une asymptote oblique à la courbe (C) au voisinage de +∞.
Voir la solution
D’après 2.a et 2.b : f(x)−2x=ln(1−e2x2x)x→+∞0.
Donc la droite (D):y=2x est une asymptote oblique à (C) au voisinage de +∞.
2.d.(0.75 pt) Montrer que : f(x)−2x⩽0 pour tout x de [0,+∞[ et en déduire que (C) est en-dessous de (D) sur l’intervalle [0,+∞[.
Voir la solution
Pour x⩾0 : e2x2x⩾0, donc 0<1−e2x2x⩽1 et, la fonction ln étant croissante, ln(1−e2x2x)⩽ln1=0.
Donc f(x)−2x⩽0 sur [0,+∞[ : la courbe (C) est en-dessous de (D) sur [0,+∞[ (elles se coupent seulement en O, pour x=0).
3.a.(0.75 pt) Montrer que pour tout x de R : f′(x)=g(x)2(e2x−1).
Voir la solution
f=ln∘g avec g dérivable et strictement positive sur R, donc f est dérivable sur R et
f′(x)=g(x)g′(x)=g(x)2(e2x−1).
3.b.(0.5 pt) Étudier le signe de f′(x) pour tout x∈R puis dresser le tableau de variations de la fonction f.
Voir la solution
Comme g(x)>0, f′(x) a le signe de e2x−1 : f′(x)⩽0 sur ]−∞,0] et f′(x)⩾0 sur [0,+∞[ (avec f′(0)=0). De plus f(0)=ln1=0.
x
−∞
0
+∞
f′(x)
−
0
+
f(x)
+∞
↘
0
↗
+∞
f admet un minimum égal à 0 en 0 : f(x)⩾0 pour tout x∈R.
4.(1 pt) Tracer (C) et (D) dans le repère (O,i,j) (On admet que la courbe (C) a deux points d’inflexion).
Voir la solution
Éléments utiles pour le tracé :
(C) passe par O avec une tangente horizontale (minimum) ;
asymptote oblique (D):y=2x en +∞, (C) en dessous de (D) sur [0,+∞[ ;
branche parabolique de direction (Ox) en −∞ ;
quelques valeurs : f(1)=ln(e2−2)≈1,68 ; f(−1)=ln(e−2+2)≈0,76 ; f(−2)≈1,39.