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Examen national du baccalauréat — Session normale 2011
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (toutes options) et Sciences et Technologies
Code NS 22 — Durée : 3 h — Coefficient : 7
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée.
Domaine
Barème
Exercice 1
Équations et inéquations logarithmiques
2,5 points
Exercice 2
Suites numériques
3 points
Exercice 3
Nombres complexes
5 points
Exercice 4
Étude de fonctions et calcul intégral
9,5 points
Exercice 1 — Équations et inéquations logarithmiques (2,5 points)
1.a.(0,5 pt) Résoudre dans R l’équation : x2+4x−5=0.
Voir la solution
Δ=16+20=36=62. Les solutions sont
x1=2−4−6=−5,x2=2−4+6=1.
Donc S={−5;1}.
1.b.(1 pt) Résoudre dans l’intervalle ]0,+∞[ l’équation : ln(x2+5)=ln(x+2)+ln(2x).
Voir la solution
Pour x>0, on a x+2>0 et 2x>0, donc les logarithmes sont définis. Alors
ln(x2+5)=ln(x+2)+ln(2x)⟺ln(x2+5)=ln(2x(x+2))⟺x2+5=2x(x+2),
d’où x2+5=2x2+4x, soit x2+4x−5=0.
D’après 1.a., x=−5 ou x=1. Or x>0, donc x=1.
S={1}.
2.(1 pt) Résoudre dans l’intervalle ]0,+∞[ l’inéquation : lnx+ln(x+1)⩾ln(x2+1).
Voir la solution
Pour x>0, on a x+1>0 et x2+1>0. Alors
lnx+ln(x+1)⩾ln(x2+1)⟺ln(x(x+1))⩾ln(x2+1)⟺x(x+1)⩾x2+1,
d’où x2+x⩾x2+1, soit x⩾1.
Comme x>0, on obtient S=[1,+∞[.
Exercice 2 — Suites numériques (3 points)
On considère la suite numérique (un) définie par : u0=1 et un+1=5+8unun pour tout n de N.
1.(0,5 pt) Montrer par récurrence que un>0 pour tout n de N.
Voir la solution
Montrons par récurrence que, pour tout n∈N, un>0.
Initialisation.u0=1>0. La propriété est vraie au rang 0.
Hérédité. Soit n∈N. Supposons un>0. Alors 8un>0, donc 5+8un>5>0, et le quotient un+1=5+8unun est strictement positif.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un>0.
2. On pose : vn=un1+2 pour tout n de N.
2.a.(1,5 pt) Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison 5 puis exprimer vn en fonction de n.
Voir la solution
D’après 1., un>0 pour tout n, donc vn est bien défini.
Soit n∈N. On a
vn+1=un+11+2=un5+8un+2=un5+8+2=un5+10=5(un1+2)=5vn.
Donc (vn) est géométrique de raison 5, de premier terme v0=u01+2=1+2=3.
Par suite, pour tout n∈N : vn=3×5n.
2.b.(1 pt) Montrer que un=3×5n−21 pour tout n de N puis calculer la limite de la suite (un).
Voir la solution
De vn=un1+2 on tire un1=vn−2, donc
un=vn−21=3×5n−21pour tout n∈N.
Comme 5>1, on a limn→+∞5n=+∞, d’où limn→+∞un=0.
Exercice 3 — Nombres complexes (5 points)
1.(1 pt) Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes C l’équation : z2−18z+82=0.
Voir la solution
Δ=(−18)2−4×1×82=324−328=−4=(2i)2.
Les solutions sont
z1=218−2i=9−i,z2=218+2i=9+i.
Donc S={9−i;9+i}.
2. On considère, dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v), les points A, B et C d’affixes respectives : a=9+i, b=9−i et c=11−i.
2.a.(1 pt) Montrer que a−bc−b=−i puis en déduire que le triangle ABC est rectangle isocèle en B.
Voir la solution
c−b=(11−i)−(9−i)=2,a−b=(9+i)−(9−i)=2i,
donc a−bc−b=2i2=i1=−i.
a−bc−b=∣−i∣=1, donc BABC=1, soit BA=BC.
arg(a−bc−b)≡arg(−i)≡−2π[2π], donc (BA,BC)≡−2π[2π].
Le triangle ABC est donc rectangle isocèle en B.
Remarque (coquille de la version dactylographiée MTM-Group) : elle écrit c−ba−b=−i ; le sujet officiel porte a−bc−b=−i.
2.b.(0,5 pt) Donner une forme trigonométrique du nombre complexe 4(1−i).
Voir la solution
∣4(1−i)∣=41+1=42 et 1−i=2(22−i22)=2(cos(−4π)+isin(−4π)).
Donc
4(1−i)=42(cos(−4π)+isin(−4π)).
2.c.(1 pt) Montrer que : (c−a)(c−b)=4(1−i) puis en déduire que : AC×BC=42.
Voir la solution
(c−a)(c−b)=((11−i)−(9+i))((11−i)−(9−i))=(2−2i)⋅2=4(1−i).
En passant aux modules :
∣(c−a)(c−b)∣=∣4(1−i)∣⟺∣c−a∣∣c−b∣=42⟺AC×BC=42.
2.d.(1,5 pt) Soit z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe du point M′ image de M par la rotation R de centre B et d’angle 23π.
Montrer que : z′=−iz+10+8i puis vérifier que l’affixe du point C′ image du point C par la rotation R est 9−3i.
Voir la solution
z′−b=ei23π(z−b)=−i(z−b), donc
z′=−i(z−b)+b=−iz+ib+b=−iz+i(9−i)+9−i=−iz+9i+1+9−i=−iz+10+8i.
Pour C : c′=−i(11−i)+10+8i=−11i−1+10+8i=9−3i.
Exercice 4 — Étude de fonctions et calcul intégral (9,5 points)
Partie I
On considère la fonction g définie sur R par : g(x)=(1−x)ex−1.
I.1.a.(0,5 pt) Montrer que : g′(x)=−xex pour tout x de R.
Voir la solution
g′(x)=−ex+(1−x)ex=ex(−1+1−x)=−xex pour tout x∈R.
I.1.b.(0,75 pt) Montrer que la fonction g est décroissante sur [0,+∞[ et croissante sur ]−∞,0] et vérifier que g(0)=0.
Voir la solution
Comme ex>0 pour tout x∈R, le signe de g′(x)=−xex est celui de −x.
Sur [0,+∞[ : −x⩽0, donc g′(x)⩽0 : g est décroissante sur [0,+∞[.
Sur ]−∞,0] : −x⩾0, donc g′(x)⩾0 : g est croissante sur ]−∞,0].
g(0)=(1−0)e0−1=0.
I.2.(0,5 pt) En déduire que : g(x)⩽0 pour tout x de R.
Voir la solution
g admet un maximum en x=0 (croissante avant, décroissante après) et g(0)=0, donc pour tout x∈R : g(x)⩽g(0)=0.
Partie II
Soit f la fonction numérique définie sur R par : f(x)=(2−x)ex−x, et soit (C) la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthonormé (O;i;j) (unité : 1cm).
II.1.a.(0,5 pt) Montrer que : x→+∞limf(x)=−∞.
Voir la solution
f(x)=(2−x)ex−x. Or limx→+∞(2−x)=−∞ et limx→+∞ex=+∞, donc limx→+∞(2−x)ex=−∞ ; de plus limx→+∞(−x)=−∞.
Ainsi limx→+∞f(x)=−∞.
II.1.b.(0,75 pt) Montrer que : x→+∞limxf(x)=−∞ puis en déduire que la courbe (C) admet une branche parabolique au voisinage de +∞ dont on précisera la direction.
Voir la solution
xf(x)=x(2−x)ex−1=(2−x)xex−1.
Or limx→+∞(2−x)=−∞ et limx→+∞xex=+∞, donc limx→+∞xf(x)=−∞.
La courbe (C) admet donc une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées au voisinage de +∞.
II.2.a.(0,75 pt) Montrer que : x→−∞limf(x)=+∞ puis calculer x→−∞lim[f(x)+x].
(on rappelle que : limx→−∞xex=0).
Voir la solution
f(x)=2ex−xex−x. Or limx→−∞ex=0 et limx→−∞xex=0, donc limx→−∞(2ex−xex)=0 et limx→−∞(−x)=+∞, d’où limx→−∞f(x)=+∞.
f(x)+x=2ex−xex,limx→−∞(f(x)+x)=0.
II.2.b.(0,25 pt) Montrer que la droite (D) d’équation y=−x est une asymptote à la courbe (C) au voisinage de −∞.
Voir la solution
limx→−∞(f(x)−(−x))=limx→−∞(f(x)+x)=0, donc (D):y=−x est asymptote à (C) au voisinage de −∞.
II.3.a.(0,5 pt) Montrer que : f′(x)=g(x) pour tout x de R.
Voir la solution
f′(x)=−ex+(2−x)ex−1=ex(−1+2−x)−1=(1−x)ex−1=g(x).
II.3.b.(0,25 pt) Interpréter géométriquement le résultat : f′(0)=0.
Voir la solution
f′(0)=g(0)=0 : la courbe (C) admet une tangente horizontale au point d’abscisse 0 (c’est-à-dire au point (0,f(0))=(0,2)).
II.3.c.(0,5 pt) Montrer que la fonction f est strictement décroissante sur R puis dresser le tableau de variations de la fonction f.
Voir la solution
D’après I.2., g(x)⩽0 pour tout x∈R, et g n’est pas identiquement nulle sur un intervalle (elle s’annule seulement en 0). Donc f′(x)=g(x)⩽0 et f est strictement décroissante sur R.
x
−∞
+∞
f′(x)
−
f(x)
+∞
↘
−∞
II.4.(0,5 pt) Montrer que l’équation f(x)=0 admet une solution unique α dans R et que 23<α<2 (on admettra que e3/2>3).
Voir la solution
f est continue et strictement décroissante sur R, avec limx→−∞f(x)=+∞ et limx→+∞f(x)=−∞, donc f(R)=R et l’équation f(x)=0 admet une unique solution α∈R.
f(23)=21e3/2−23=21(e3/2−3)>0 (car e3/2>3) et f(2)=(2−2)e2−2=−2<0.
Comme f est strictement décroissante, 23<α<2.
II.5.a.(0,5 pt) Résoudre dans R l’équation f(x)+x=0 et en déduire que (C) et (D) se coupent au point A(2;−2).
Voir la solution
f(x)+x=0⟺(2−x)ex=0⟺2−x=0⟺x=2 (car ex=0).
Or f(2)=−2, donc (C) et (D) se coupent en A(2,−2).
II.5.b.(0,25 pt) Étudier le signe de f(x)+x sur R.
Voir la solution
f(x)+x=(2−x)ex et ex>0 pour tout x, donc le signe de f(x)+x est celui de 2−x :
x
−∞
2
+∞
f(x)+x
+
0
−
II.5.c.(0,25 pt) En déduire que (C) est au-dessus de (D) sur ]−∞;2[ et en-dessous de (D) sur ]2;+∞[.
Voir la solution
Sur ]−∞,2[ : f(x)+x>0, soit f(x)>−x : (C) est au-dessus de (D).
Sur ]2,+∞[ : f(x)+x<0, soit f(x)<−x : (C) est en-dessous de (D).
II.6.a.(0,5 pt) Montrer que la courbe (C) possède un point d’inflexion unique de coordonnées (0;2).
Voir la solution
f′′(x)=g′(x)=−xex. Donc f′′(x)=0⟺x=0.
f′′ change de signe en 0 (positive sur ]−∞,0[, négative sur ]0,+∞[), donc (C) admet un unique point d’inflexion d’abscisse 0.
Or f(0)=2, d’où le point (0,2).
II.6.b.(1 pt) Construire la droite (D) et la courbe (C) dans le même repère (O;i;j).
Voir la solution
Éléments du tracé : asymptote (D):y=−x en −∞ ((C) au-dessus sur ]−∞,2[), tangente horizontale et inflexion en I(0,2), point d’intersection A(2,−2), zéro α∈]23,2[, branche parabolique verticale en +∞.
II.7.a.(1 pt) Montrer, à l’aide d’une intégration par parties, que : ∫−10(2−x)exdx=3−e4.
Voir la solution
On pose u(x)=2−x, v′(x)=ex ; alors u′(x)=−1 et v(x)=ex.
∫−10(2−x)exdx=[(2−x)ex]−10−∫−10(−1)exdx=2−3e−1+∫−10exdx=2−e3+[ex]−10=2−e3+1−e−1=3−e4.
II.7.b.(0,25 pt) En déduire, en cm2, l’aire du domaine plan limité par la courbe (C), la droite (D) et les droites d’équations x=−1 et x=0.
Voir la solution
Sur [−1,0]⊂]−∞,2[, (C) est au-dessus de (D), donc
A=∫−10(f(x)−(−x))dx×1×1=∫−10(f(x)+x)dx=∫−10(2−x)exdx=(3−e4) cm2.