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Examen national du baccalauréat — Session normale 2010
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales (toutes options) et Sciences et Technologies
Code NS 22 — Durée : 3 h — Coefficient : 7
L’utilisation de la calculatrice non programmable est autorisée.
Domaine
Barème
Exercice 1
Géométrie dans l’espace
3 points
Exercice 2
Nombres complexes
3 points
Exercice 3
Calcul des probabilités
3 points
Exercice 4
Suites numériques
3 points
Exercice 5
Étude de fonctions et calcul intégral
8 points
Exercice 1 — Géométrie dans l’espace (3 points)
On considère, dans l’espace rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k), les points A(−1,0,3), B(3,0,0) et C(7,1,−3) et la sphère (S) d’équation : x2+y2+z2−6x−2y−15=0.
1.(1 pt) Montrer que AB∧AC=3i+4k et en déduire que 3x+4z−9=0 est une équation cartésienne du plan (ABC).
Voir la solution
AB(4,0,−3) et AC(8,1,−6) :
AB∧AC=0−31−6i−4−38−6j+4081k=(0+3)i−(−24+24)j+(4−0)k=3i+4k.
Ce vecteur n(3,0,4), non nul, est normal à (ABC) : (ABC):3x+4z+d=0. Avec A : −3+12+d=0, donc d=−9.
(ABC):3x+4z−9=0.
2.(0.5 pt) Montrer que le centre de la sphère (S) est le point Ω(3,1,0) et que son rayon est 5.
Voir la solution
x2−6x=(x−3)2−9 et y2−2y=(y−1)2−1, donc l’équation s’écrit (x−3)2+(y−1)2+z2=15+9+1=25=52.
(S) est la sphère de centre Ω(3,1,0) et de rayon 5.
3. Soit (Δ) la droite passant par le point Ω et perpendiculaire au plan (ABC).
3.a.(0.5 pt) Démontrer que : ⎩⎨⎧x=3+3ty=1z=4t(t∈R) est une représentation paramétrique de (Δ).
Voir la solution
(Δ)⊥(ABC), donc n(3,0,4) dirige (Δ) ; et (Δ) passe par Ω(3,1,0). Une représentation paramétrique est donc
x=3+3t, y=1+0t=1, z=0+4t=4t(t∈R).
3.b.(1 pt) Démontrer que la droite (Δ) coupe la sphère (S) aux points E(6,1,4) et F(0,1,−4).
Voir la solution
Un point M(3+3t,1,4t) de (Δ) est sur (S) si et seulement si (3t)2+02+(4t)2=25⟺25t2=25⟺t=1 ou t=−1.
t=1 : E(6,1,4) ;
t=−1 : F(0,1,−4).
Donc (Δ)∩(S)={E,F}.
Exercice 2 — Nombres complexes (3 points)
1.(1 pt) Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes C l’équation : z2−6z+10=0.
Voir la solution
Δ=36−40=−4=(2i)2. Les solutions sont z1=26−2i=3−i et z2=3+i. S={3−i;3+i}.
2. On considère, dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,e1,e2), les points A, B et C d’affixes respectives : a=3−i, b=3+i et c=7−3i.
Soit z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe du point M′ image de M par la rotation R de centre A et d’angle 2π.
2.a.(0.5 pt) Montrer que : z′=iz+2−4i.
Voir la solution
z′−a=ei2π(z−a)=i(z−a), donc z′=iz+(1−i)a=iz+(1−i)(3−i)=iz+3−i−3i+i2=iz+2−4i.
2.b.(0.25 pt) Vérifier que l’affixe du point C′ image du point C par la rotation R est c′=5+3i.
Voir la solution
c′=i(7−3i)+2−4i=7i+3+2−4i=5+3i.
2.c.(1.25 pt) Montrer que : c−bc′−b=21i puis en déduire que le triangle BCC′ est rectangle en B et que BC=2BC′.
arg(c−bc′−b)≡2π[2π], donc (BC,BC′)≡2π[2π] : le triangle BCC′ est rectangle en B.
BCBC′=21i=21, donc BC=2BC′.
Exercice 3 — Calcul des probabilités (3 points)
Une urne contient dix boules : cinq boules blanches, trois boules rouges et deux boules noires (les boules sont indiscernables au toucher). On tire au hasard et simultanément quatre boules de l’urne.
1.(1 pt) On considère les deux événements : A : « tirer une seule boule rouge » et B : « tirer au moins une boule blanche ». Montrer que : P(A)=21 et P(B)=4241.
Voir la solution
cardΩ=C104=210.
A : une rouge parmi 3 et trois boules parmi les 7 non rouges : cardA=C31×C73=3×35=105, P(A)=210105=21.
B : « aucune boule blanche » : quatre boules parmi les 5 non blanches : C54=5. Donc
P(B)=1−2105=1−421=4241.
2. Soit X la variable aléatoire qui à chaque tirage associe le nombre de boules rouges tirées.
2.a.(0.25 pt) Vérifier que les valeurs prises par la variable aléatoire X sont : 0, 1, 2 et 3.
Voir la solution
On tire 4 boules et il n’y a que 3 rouges ; il y a 7 boules non rouges, donc on peut tirer de 0 à 3 rouges. X(Ω)={0,1,2,3}.
2.c.(0.75 pt) Déterminer la loi de probabilité de la variable aléatoire X.
Voir la solution
P(X=1)=P(A)=21 et P(X=3)=210C33×C71=2107=301.
xi
0
1
2
3
P(X=xi)
61
21
103
301
Vérification : 305+15+9+1=1.
Exercice 4 — Suites numériques (3 points)
On considère la suite numérique (un) définie par : u0=2 et un+1=2un3un−1 pour tout n de N.
1.(0.75 pt) Montrer, par récurrence, que : un>1 pour tout n de N.
Voir la solution
Pour n=0 : u0=2>1.
Supposons un>1 pour un n∈N. Alors un>0 et
un+1−1=2un3un−1−2un=2unun−1>0,
donc un+1>1.
D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un>1.
2. On considère la suite numérique (vn) définie par : vn=2un−1un−1 pour tout n de N.
2.a.(1 pt) Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison 21 et en déduire que vn=31(21)n pour tout n de N.
Voir la solution
(2un−1>1>0, donc vn est défini.) On a un+1−1=2unun−1 et 2un+1−1=un3un−1−1=un2un−1. Donc
vn+1=2unun−1×2un−1un=21⋅2un−1un−1=21vn.(vn) est géométrique de raison 21, de premier terme v0=4−12−1=31 ; d’où vn=31(21)n.
2.b.(0.75 pt) Montrer que : un=2vn−1vn−1 et en déduire que : n→+∞limun=1.
Voir la solution
vn(2un−1)=un−1⟺un(2vn−1)=vn−1⟺un=2vn−1vn−1 (car vn⩽31, donc 2vn−1=0).
Comme 0<21<1, n→+∞limvn=0, donc n→+∞limun=0−10−1=1.
3.(0.5 pt) Calculer n→+∞limwn sachant que (wn) est la suite numérique définie par : wn=ln(un) pour tout n de N.
Voir la solution
wn est défini car un>1>0. La fonction ln est continue en 1 et limun=1, donc n→+∞limwn=ln1=0.
Exercice 5 — Étude de fonctions et calcul intégral (8 points)
I. On considère la fonction numérique g définie sur R par : g(x)=1+4xe2x.
I.1.(0.5 pt) Montrer que : g′(x)=4(2x+1)e2x pour tout x de R.
Voir la solution
g′(x)=4(1×e2x+x×2e2x)=4(1+2x)e2x.
I.2.(0.5 pt) Montrer que la fonction g est croissante sur l’intervalle [−21,+∞[ et décroissante sur l’intervalle ]−∞,−21].
Voir la solution
4e2x>0, donc g′(x) a le signe de 2x+1 : g′(x)⩾0 pour x⩾−21 et g′(x)⩽0 pour x⩽−21.
D’où g croissante sur [−21,+∞[ et décroissante sur ]−∞,−21].
I.3.a.(0.5 pt) Montrer que : g(−21)=1−e2 puis vérifier que g(−21)>0.
Voir la solution
g(−21)=1+4×(−21)e−1=1−e2. Comme e>2, e2<1, donc g(−21)>0.
I.3.b.(0.25 pt) En déduire que : g(x)>0 pour tout x de R.
Voir la solution
D’après I.2, g(−21) est le minimum de g sur R. Donc g(x)⩾1−e2>0 pour tout x∈R.
II. Soit f la fonction numérique définie sur R par : f(x)=(2x−1)e2x+x+1.
Soit (C) la courbe représentative de f dans un repère orthonormé (O,i,j)(∥i∥=∥j∥=2 cm).
II.1.(1 pt) Calculer x→+∞limf(x) puis montrer que x→−∞limf(x)=−∞ (on rappelle que : u→−∞limueu=0).
Voir la solution
En +∞ : 2x−1→+∞, e2x→+∞, x+1→+∞, donc x→+∞limf(x)=+∞.
En −∞ : (2x−1)e2x=2xe2x−e2x. En posant u=2x, 2xe2x=ueu→0 et e2x→0. Donc (2x−1)e2x→0 et, comme x+1→−∞, x→−∞limf(x)=−∞.
II.2.(0.75 pt) Montrer que : f′(x)=g(x) pour tout x de R, puis en déduire que la fonction f est strictement croissante sur R.
Voir la solution
f′(x)=2e2x+(2x−1)×2e2x+1=(2+4x−2)e2x+1=1+4xe2x=g(x).
Comme g(x)>0 pour tout x (I.3.b), f est strictement croissante sur R.
II.3.a.(0.75 pt) Calculer x→+∞limxf(x) et en déduire que la courbe (C) admet une branche parabolique de direction celle de l’axe des ordonnées.
Voir la solution
Pour x>0 : xf(x)=(2−x1)e2x+1+x1x→+∞+∞.
Avec x→+∞limf(x)=+∞, (C) admet au voisinage de +∞ une branche parabolique de direction l’axe des ordonnées.
II.3.b.(0.5 pt) Calculer x→−∞lim[f(x)−(x+1)] et en déduire que la droite (Δ) d’équation y=x+1 est une asymptote à la courbe (C) au voisinage de −∞.
Voir la solution
f(x)−(x+1)=(2x−1)e2xx→−∞0 (voir II.1). Donc (Δ):y=x+1 est asymptote oblique à (C) au voisinage de −∞.
II.3.c.(0.5 pt) Déterminer le couple de coordonnées du point d’intersection de la droite (Δ) et de la courbe (C) puis montrer que la courbe (C) est en-dessous de la droite (Δ) sur l’intervalle ]−∞,21] et qu’elle est au-dessus de la droite (Δ) sur l’intervalle [21,+∞[.
Voir la solution
f(x)−(x+1)=(2x−1)e2x a le signe de 2x−1 (car e2x>0).
f(x)=x+1⟺x=21 : le point d’intersection est (21,23).
Sur ]−∞,21] : 2x−1⩽0, (C) est en-dessous de (Δ).
Sur [21,+∞[ : 2x−1⩾0, (C) est au-dessus de (Δ).
II.4.a.(0.25 pt) Montrer que y=x est une équation de la droite (T) tangente à la courbe (C) au point O.
Voir la solution
f(0)=(−1)×1+0+1=0 (donc O∈(C)) et f′(0)=g(0)=1.
(T):y=f′(0)(x−0)+f(0), soit (T):y=x.
II.4.b.(0.25 pt) Montrer que la courbe (C) possède un point d’inflexion d’abscisse −21 (la détermination de l’ordonnée du point d’inflexion n’est pas demandée).
Voir la solution
f′′(x)=g′(x)=4(2x+1)e2x s’annule en −21 en changeant de signe (négative avant, positive après). Donc (C) admet un point d’inflexion d’abscisse −21.
II.5.(0.75 pt) Construire, dans le repère (O,i,j), les deux droites (Δ) et (T) et la courbe (C).
Voir la solution
Éléments du tracé : asymptote (Δ):y=x+1 en −∞ ((C) en dessous), point commun (21,23), tangente (T):y=x en O, inflexion en x=−21 (ordonnée 21−e2≈−0,24), branche parabolique verticale en +∞.
II.6.a.(1 pt) En utilisant une intégration par parties, montrer que : ∫01(2x−1)e2xdx=1.
Voir la solution
On pose u(x)=2x−1, v′(x)=e2x ; alors u′(x)=2 et v(x)=21e2x.
∫01(2x−1)e2xdx=[2(2x−1)e2x]01−∫01e2xdx=(2e2+21)−[2e2x]01=2e2+21−2e2+21=1.
II.6.b.(0.5 pt) Calculer en cm2 l’aire du domaine plan limité par la courbe (C), la droite (T) tangente à la courbe (C) et les deux droites d’équations x=0 et x=1.
Voir la solution
On étudie le signe de h(x)=f(x)−x=(2x−1)e2x+1 sur [0,1] : h′(x)=g(x)−1=4xe2x⩾0 sur [0,1] et h(0)=0, donc h(x)⩾0 : (C) est au-dessus de (T) sur [0,1].
A=∫01(f(x)−x)dx×∥i∥×∥j∥=(∫01(2x−1)e2xdx+∫011dx)×4 cm2=(1+1)×4=8 cm2.
Remarque : la version dactylographiée qui circule (MTM-Group) donne ∫01/2 et une aire (6−2e)cm2 entre x=0 et x=21 ; le sujet officiel porte bien sur [0,1].