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Examen national du baccalauréat — Session de rattrapage 2015
Mathématiques — Filière : Sciences Expérimentales — Option PC & SVT
Durée : 3 h — Coefficient : 7
Exercice 1 — Suites numériques (3 points)
On considère la suite numérique (un) définie par :
u0=4etun+1=52un+3pour tout n de N.
1)(0,5 pt) Montrer par récurence que un<5 pour tout n de N .
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Montrons par récurrence que, pour tout n∈N, un<5.
Initialisation. Pour n=0 : u0=4<5. La propriété est vraie au rang 0.
Hérédité. Soit n∈N. Supposons que un<5 et montrons que un+1<5.
De un<5 on déduit 52un<2, puis 52un+3<2+3=5, c’est-à-dire un+1<5.
Conclusion. D’après le principe du raisonnement par récurrence, pour tout n∈N : un<5.
2)(0,75 pt) Vérifier que : un+1−un=53(5−un) pour tout n de N et en déduire que la suite (un) est croissante.
Voir la solution
Soit n∈N :
un+1−un=52un+3−un=3−53un=53(5−un).
D’après 1), un<5, donc 5−un>0 et 53(5−un)>0.
Ainsi un+1−un>0 pour tout n∈N : la suite (un) est (strictement) croissante.
3)(0,25 pt) En déduire que la suite (un) est convergente.
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La suite (un) est croissante (question 2)) et majorée par 5 (question 1)). Toute suite croissante et majorée est convergente : la suite (un) est donc convergente.
4) Soit (vn) la suite numérique telle que vn=5−un pour tout n de N.
a)(0,75 pt) Montrer que (vn) est une suite géométrique de raison 52 et exprimer vn en fonction de n.
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Soit n∈N :
vn+1=5−un+1=5−52un−3=2−52un=52(5−un)=52vn.
Donc (vn) est une suite géométrique de raison q=52 et de premier terme v0=5−u0=1.
Par suite, pour tout n∈N : vn=v0qn=(52)n.
b)(0,75 pt) En déduire que un=5−(52)n pour tout n de N puis calculer la limite de la suite (un).
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Pour tout n∈N : un=5−vn=5−(52)n.
Comme −1<52<1, n→+∞lim(52)n=0, donc n→+∞limun=5.
Exercice 2 — Géométrie dans l’espace (3 points)
On cosidère, dans l’espace rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k),le plan (P) d’équation 2x−z−2=0 et la sphère (S) d’équation : x2+y2+z2+2x−2z−7=0.
1)(1 pt) Montrer que le centre de la sphère (S) est le point Ω(−1,0,1) et son rayon est 3.
Voir la solution
Pour tout point M(x,y,z) :
x2+y2+z2+2x−2z−7=(x+1)2−1+y2+(z−1)2−1−7=(x+1)2+y2+(z−1)2−9.
Donc M∈(S)⟺(x+1)2+y2+(z−1)2=32⟺ΩM=3 avec Ω(−1,0,1).
(S) est la sphère de centre Ω(−1,0,1) et de rayon 3.
2) a)(0,5 pt) Calculer la distance du point Ω au plan (P).
Voir la solution
Un vecteur normal à (P) est n(2;0;−1) :
d(Ω,(P))=22+02+(−1)2∣2×(−1)−1−2∣=55=5.
b)(0,5 pt) En déduire que le plan (P) coupe la sphère (S) suivant un cercle (Γ).
Montrer que le rayon du cercle (Γ) est 2 et détermier les coordonnées du point H centre du cercle (Γ).
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Remarque : dans l’énoncé, la seconde phrase de cette question reprend mot pour mot la question 3) ; elle est traitée en 3).
d(Ω,(P))=5<3 (car 5<9) : la distance du centre au plan est strictement inférieure au rayon, donc le plan (P) coupe la sphère (S) suivant un cercle (Γ).
3)(1 pt) Montrer que le rayon du cercle (Γ) est 2 et détermier les coordonnées du point H centre du cercle (Γ).
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Rayon. Le rayon r de (Γ) vérifie r=R2−d2=9−5=4=2.
Centre.H est le projeté orthogonal de Ω sur (P). La droite passant par Ω et de vecteur directeur n(2;0;−1) a pour représentation paramétrique x=−1+2t, y=0, z=1−t (t∈R). En remplaçant dans l’équation de (P) :
2(−1+2t)−(1−t)−2=0⟺5t−5=0⟺t=1.
Donc H(1;0;0).
Exercice 3 — Nombres complexes (3 points)
1) a)(0,75 pt) Résoudre dans l’ensemble des nombres complexes C l’équation : z2−8z+32=0.
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Δ=(−8)2−4×32=64−128=−64=(8i)2<0. L’équation admet deux solutions complexes conjuguées :
z1=28+8i=4+4i,z2=28−8i=4−4i.S={4+4i;4−4i}.
b)(0,75 pt) On considère le nombre complexe a tel que a=4+4i.
Ecrire le nombre complexe a sous sa forme trigonométrique puis en déduire que a12 est un nombre réel négatif.
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∣a∣=16+16=42, donc a=42(22+i22)=42(cos4π+isin4π).
D’après la formule de Moivre :
a12=(42)12(cos412π+isin412π)=(42)12(cos3π+isin3π)=−(42)12.
Comme (42)12=230>0, a12=−230 est un nombre réel négatif.
2) On considère, dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v), les points A, B et C d’affixes respectives a, b et c tels que :
a=4+4i , b=2+3i et c=3+4i .
Soit z l’affixe d’un point M du plan et z′ l’affixe du point M′ image de M par la rotation R de centre C et d’angle 2π.
a)(0,5 pt) Montrer que : z′=iz+7+i.
Voir la solution
L’écriture complexe de la rotation de centre C et d’angle 2π est z′−c=ei2π(z−c), avec ei2π=i :
z′=i(z−3−4i)+3+4i=iz−3i+4+3+4i=iz+7+i.
b)(0,5 pt) Vérifier que d l’affixe du point D image du point A par la rotation R est 3+5i.
Voir la solution
d=ia+7+i=i(4+4i)+7+i=4i−4+7+i=3+5i.
c)(0,5 pt) Montrer que l’ensemble des points M d’affixe z tel que : ∣z−3−5i∣=∣z−4−4i∣ est la droite (BC).
Voir la solution
∣z−3−5i∣=∣z−4−4i∣⟺∣z−d∣=∣z−a∣⟺MD=MA : l’ensemble cherché est la médiatrice (Δ) du segment [AD] (on a bien A=D).
C est le centre de la rotation qui envoie A sur D, donc CA=CD et C∈(Δ).
∣b−d∣=∣−1−2i∣=5 et ∣b−a∣=∣−2−i∣=5, donc BD=BA et B∈(Δ).
Comme B=C, la médiatrice de [AD] est la droite (BC).
Exercice 4 — Calcul des probabilités (3 points)
Une urne contient 5 jetons : deux jetons blancs , deux verts et un rouge (les jetons sont indiscernables au toucher ).
On tire au hasard successivement et avec remise trois jetons de l’urne .
1)(1 pt) Soit l’événement A : “les trois jetons tirés sont de même couleur ”.
Montrer que p(A)=12517.
Voir la solution
Les tirages sont avec remise : cardΩ=53=125.
A : trois blancs (23=8 cas) ou trois verts (23=8 cas) ou trois rouges (13=1 cas). Donc
p(A)=1258+8+1=12517.
2)(2 pt) Soit X la variable aléatoire qui est égale au nombre de jeton(s) blanc(s) tirés.
Déterminer la loi de probabilité de la variable aléatoire X.
Voir la solution
X prend les valeurs 0, 1, 2 et 3. À chaque tirage, la probabilité de tirer un jeton blanc est p=52 ; les trois tirages sont indépendants (avec remise). X suit donc la loi binomiale de paramètres n=3 et p=52 :
p(X=k)=(k3)(52)k(53)3−k.
p(X=0)=(53)3=12527
p(X=1)=3×52×(53)2=12554
p(X=2)=3×(52)2×53=12536
p(X=3)=(52)3=1258
xi
0
1
2
3
p(X=xi)
12527
12554
12536
1258
(On vérifie : 27+54+36+8=125.)
Exercice 5 — Problème (8 points)
Partie I
Soit g la fonction numérique définie sur ]0;+∞[ par : g(x)=1−x+xlnx.
1) a)(0,5 pt) Montrer que g′(x)=lnx pour tout x de ]0;+∞[.
Voir la solution
g est dérivable sur ]0;+∞[ et, pour tout x>0 :
g′(x)=−1+1×lnx+x×x1=−1+lnx+1=lnx.
b)(0,5 pt) Montrer que la fonction g est décroissante sur ]0;1] et croisssante sur [1;+∞[.
Voir la solution
Pour 0<x≤1 : lnx≤0, donc g′(x)≤0 : g est décroissante sur ]0;1].
Pour x≥1 : lnx≥0, donc g′(x)≥0 : g est croissante sur [1;+∞[.
2)(0,75 pt) Calculer g(1) et en déduire que g(x)≥0 pour tout x de ]0;+∞[.
Voir la solution
g(1)=1−1+1×ln1=0.
D’après 1) b), g admet en 1 un minimum absolu sur ]0;+∞[, égal à g(1)=0. Donc g(x)≥0 pour tout x∈]0;+∞[.
Partie II
On considère la fonction numérique f définie sur ]0;+∞[ par :
f(x)=3−x21−x2lnx
et soit (C) la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthonormé (O,i,j) (unité 1cm ).
1)(0,75 pt) Montrer que x→0x>0limf(x)=−∞ et interpréter géométriquement ce résultat.
(pour calculer x→0x>0limf(x) ; remarque que f(x)=x23x2−1−2xlnx pour tout x de ]0;+∞[).
Voir la solution
Pour x>0 : f(x)=x23x2−x21−x22xlnx=x23x2−1−2xlnx.
On sait que x→0+limxlnx=0, donc x→0+lim(3x2−1−2xlnx)=−1. Comme x→0+limx2=0+ :
limx→0x>0f(x)=−∞.
Interprétation : la droite d’équation x=0 (l’axe des ordonnées) est asymptote verticale à (C).
2)(0,75 pt) Montrer que x→+∞limf(x)=3 et en déduire la branche infinie de la courbe (C) au voisinage de+∞
Voir la solution
x→+∞limx21=0 et x→+∞limxlnx=0, donc x→+∞limf(x)=3−0−0=3.
La droite d’équation y=3 est asymptote horizontale à (C) au voisinage de +∞.
3) a)(0,75 pt) Montrer que f′(x)=x32g(x) pour tout x de ]0;+∞[.
Voir la solution
f est dérivable sur ]0;+∞[ et, pour tout x>0 :
f′(x)=x32−2×x2x1×x−lnx=x32−x22(1−lnx)=x32−2x+2xlnx=x32(1−x+xlnx)=x32g(x).
b)(0,25 pt) Interpréter géométriquement le résultat f′(1)=0.
Voir la solution
f′(1)=12g(1)=0 : la courbe (C) admet au point d’abscisse 1, c’est-à-dire au point (1;f(1))=(1;2), une tangente horizontale d’équation y=2.
c)(0,5 pt) Montrer que la fonction f est croissante sur ]0;+∞[.
Voir la solution
Pour tout x>0 : g(x)≥0 (Partie I) et x3>0, donc f′(x)=x32g(x)≥0 (f′ ne s’annule qu’en 1). La fonction f est donc croissante sur ]0;+∞[.
4)(0,75 pt) Tracer, dans le repère (O,i,j), la courbe (C).
(On admettra que la courbe (C) possède deux points d’inflexion tels que 1 est l’abscisse de l’un de ces deux points et l’abscisse de l’autre est comprise entre 2 et 2,5 et on prendra f(0,3)=0 )
Voir la solution
On place l’asymptote verticale x=0, l’asymptote horizontale y=3, le point (1;2) à tangente horizontale (point d’inflexion) et le point (0,3;0). La courbe (C′) de la question 6) b) est aussi représentée (partie x<0, en vert).
5) a)(0,5 pt) Montrer que : ∫1ex2lnxdx=1.
Voir la solution
La fonction x↦x2lnx=2ln′(x)lnx a pour primitive x↦(lnx)2 sur [1,e]. Donc
∫1ex2lnxdx=[(lnx)2]1e=12−02=1.
b)(0,75 pt) Calculer, en cm2, l’aire du domaine plan délimité par la courbe (C), l’axe des abscisses et les deux droites d’équations x=1 et x=e
Voir la solution
f est croissante et f(1)=2, donc f(x)≥2>0 sur [1,e]. L’aire cherchée (unité 1cm) est :
A=∫1ef(x)dx=∫1e(3−x21)dx−∫1ex2lnxdx=[3x+x1]1e−1.A=(3e+e1)−(3+1)−1=3e−5+e1cm2≈3,52cm2.
6) Soit h la fonction numérique définie sur R∗ par : h(x)=3−x21−∣x∣ln(x2).
a)(0,75 pt) Montrer que la fonction h est paire et que h(x)=f(x) pour tout x de ]0;+∞[.
Voir la solution
R∗ est symétrique par rapport à 0 et, pour tout x∈R∗ : (−x)2=x2 et ∣−x∣=∣x∣, donc
h(−x)=3−x21−∣x∣ln(x2)=h(x).h est paire. Pour x>0 : ∣x∣=x et ln(x2)=2lnx, donc h(x)=3−x21−x2lnx=f(x).
b)(0,5 pt) Tracer, dans le même repère (O,i,j), la courbe (C′) représentant la fonction h.
Voir la solution
Sur ]0;+∞[, (C′) coïncide avec (C) ; h étant paire, (C′) est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. On obtient (C′) en complétant (C) par sa symétrique par rapport à (Oy) (voir la figure de la question 4)).